Découvrez le GFX100 II : le moyen format pour une polyvalence totale

Grâce à sa stabilisation de pointe, son système autofocus de dernière génération et sa résistance aux conditions météorologiques, le GFX100 II semble bel et bien être le moyen format tout-terrain que Fujifilm promet. Cela se traduit par une réduction significative des pertes et une qualité d’image exceptionnelle en prime.

Disponible dès du 28 septembre dans un nombre restreint de magasins sélectionnés, le tout nouveau fleuron de Fujifilm dans le segment des appareils photo moyen format, le GFX100 II, a été rapidement pris en main par notre équipe. Lors de la conférence de presse mondiale qui s’est déroulée à Stockholm le 12 septembre dernier, nous avons eu l’occasion de manipuler cette nouvelle star des boîtiers professionnels.

Bien que sa résolution ne soit plus surprenante depuis la sortie du premier GFX100, le GFX100 II bénéficie d’améliorations électroniques et mécaniques qui permettent à Fujifilm de le positionner comme le premier moyen format adapté à la photographie sportive. Il est capable de suivre et de capturer tous les sujets en rafales, le tout avec un taux de déchet minimal.

Un boîtier de grande qualité

Commençons par évoquer les premières impressions lors de la prise en main de cet appareil qui se démarque par son caractère inhabituel. Le GFX100 II se fait remarquer par ses dimensions généreuses, son capteur qui continue d’impressionner lors du changement d’objectif, ainsi que par son prix élevé (7999 € !) et son ergonomie plutôt particulière. Fujifilm a apporté un soin particulier aux textures en utilisant un nouveau revêtement baptisé Bishamon-TexTM (marque déposée par Fujifilm pour l’occasion). De plus, l’entreprise n’a pas négligé la conception générale de l’appareil, notamment avec l’inclinaison du capot à un angle de 11° au niveau de la poignée. D’un point de vue subjectif, cet appareil arbore une esthétique qui évoque davantage l’architecture brutaliste soviétique que l’Art Déco, et il respire la qualité.

Entièrement fabriqué au Japon, il se distingue par sa sensation tactile haut de gamme et douce, à l’exception de son joystick, dont la conception suscite certaines interrogations. De petite taille et plutôt fin, il offre une sensation tactile peu agréable sous la pulpe des doigts. De plus, nous avons constaté qu’il était un peu lent, que ce soit lors de la navigation à travers les menus ou pour déplacer les collimateurs. Cependant, son principal inconvénient est son isolement : il n’est accompagné d’aucune croix directionnelle pour l’assister. Cela est d’autant plus regrettable, car Fujifilm aurait largement eu l’espace nécessaire pour en intégrer une, et la présence de cette « D-Pad » aurait accéléré de nombreuses opérations.

Entièrement fabriqué au Japon, cet appareil offre une sensation tactile très haut de gamme et agréable, à l’exception de son joystick dont la conception laisse à désirer. Ce joystick, de petite taille, procure une sensation peu plaisante sous les doigts. De plus, il s’avère un peu lent, que ce soit pour la navigation dans les menus ou pour le déplacement des collimateurs. Ce qui est particulièrement regrettable, c’est qu’il n’est pas accompagné d’une croix directionnelle pour l’assister. C’est une double lacune, d’une part parce que Fujifilm aurait facilement pu l’intégrer, et d’autre part parce que l’absence de cette « croix directionnelle » (comme on l’appelle dans le jargon) aurait accéléré de nombreuses manipulations.

Le boîtier est presque compact, mais les optiques sont vraiment lourdes.

Lorsque les équipes de Fujifilm nous ont remis l’appareil dans une petite sacoche, la première chose qui nous a frappés, c’est sa légèreté. Cependant, cette impression disparaît dès la prise en main de l’appareil équipé de son objectif, le tout nouveau 55 mm f/1.7 (équivalent à un 44 mm en format 24×36). Alors que le boîtier lui-même est bien équilibré et ne semble pas excessivement lourd (950 g), une fois que l’on ajoute les 760 g du 55 mm f/1.7, on prend conscience du poids total de 1,6 kg. Pour certaines activités un peu physiques, comme une balade en speedboat où la vitesse colle littéralement l’appareil contre le torse, il faut réfléchir à quand il sera opportun de sortir l’appareil. Les photographes de studio pourront compter sur leur trépied, mais les photojournalistes travaillant avec un moyen format devront peut-être envisager quelques séances de musculation au préalable !

Il est important de se rappeler que, bien que les équipes de Fujifilm aient réussi à contenir le poids du boîtier, un appareil photo nu est principalement conçu pour être manipulé par des êtres humains. Ainsi, malgré les astuces utilisées pour réduire le poids des objectifs, ils doivent toujours répondre à deux contraintes physiques fondamentales : offrir la bonne focale et produire un cercle d’image suffisamment grand pour couvrir le capteur. Avec une diagonale de 55 mm, le capteur moyen format de Fujifilm nécessite, à luminosité et qualité égales par rapport au 35 mm, des objectifs plus volumineux et plus lourds. C’est le compromis nécessaire pour bénéficier du capteur 1,7 fois plus grand que le plein format, ce qui permet à Fujifilm de revendiquer son slogan « more than full frame ». Cependant, il est indéniable que cet effort en termes de poids est récompensé par une qualité d’image exceptionnelle.

Une qualité d’image à couper le souffle

Pour ceux qui n’ont jamais eu l’opportunité de prendre des photos avec un appareil moyen format de 102 millions de pixels, soyez prêts à être émerveillés : la qualité d’image de cette catégorie d’appareils photo dépasse nettement celle des meilleurs appareils plein format. Comme le dit l’adage, une image vaut mille mots. Ci-dessous, vous trouverez quelques clichés accompagnés des informations de la prise de vue.

En plus de la résolution impressionnante de cet abondant nombre de pixels et de l’exceptionnelle séparation des plans permise par la combinaison d’un grand capteur et d’une grande ouverture, il est important de souligner la netteté et la dimension tridimensionnelle des détails, qui confèrent une texture incroyable aux éléments.

Même si les fabricants d’appareils plein format assurent avec conviction qu’ils offrent une qualité d’image similaire, la réalité d’un capteur de 43,8 x 32,9 mm rappelle à tous son importance. Le « pixel peeping », c’est-à-dire l’observation à 100 % sur un écran pour examiner les détails au maximum, est tout simplement époustouflant, que ce soit en termes de précision d’image ou de reproduction des couleurs.

En parlant de la qualité des fichiers RAW, il est essentiel de mentionner ce qui peut être décrit comme la marque de fabrique de Fujifilm : la qualité des fichiers JPEG. L’expertise de Fujifilm en matière de rendu des couleurs, héritée de son histoire en tant qu’acteur majeur de la pellicule photographique aux côtés de Kodak, reste indiscutable. Que l’on parle de la reproduction des tons dans les différentes simulations ou de la netteté, qui est toujours parfaitement équilibrée même dans les modes par défaut, de nombreux professionnels, notamment dans le domaine de la presse, peuvent sans aucun doute remettre directement à leurs clients les fichiers JPEG produits par cet appareil. C’est un avantage considérable qui permet d’économiser un temps précieux en évitant le processus de développement des fichiers RAW sur un ordinateur.

Si les GFX100 et GFX100s offraient à peu près la même qualité d’image pure, il reste à voir si les améliorations électroniques permettront au petit frère, le GFX100 II, de se distinguer. Toutefois, le GFX100 II présente deux avantages majeurs, non pas pour produire des images plus belles, mais pour réduire le gaspillage. Les générations précédentes souffraient en effet d’une relative lenteur de leur système autofocus, ce qui constituait leur point faible. Avec l’introduction d’une puce de nouvelle génération provenant des appareils APS-C (le X Processor 5) et d’un tout nouveau système de stabilisation mécanique, le GFX100 II promettait, sur le papier du moins, d’accrocher les sujets plus rapidement et plus longtemps, tout en réduisant considérablement les vibrations ressenties par l’utilisateur.

Après avoir passé plus de 36 heures avec cet appareil, une chose saute aux yeux : Fujifilm a tenu sa promesse, même s’il faudra attendre les tests d’un modèle final pour obtenir des chiffres précis. Cependant, il est important de comprendre quelques notions de physique : plus le capteur est grand, plus le temps de lecture et la durée d’analyse de l’image sont longs. Dans le domaine de la photographie sportive, qu’il s’agisse de football, de tennis ou autre, les appareils dotés de capteurs plus petits ont toujours un avantage significatif en termes de vitesse de mise au point automatique et de rafale. Bien que Fujifilm puisse se vanter de proposer le moyen format le plus rapide et le plus adapté au sport de l’histoire, il est essentiel de reconnaître que cette limitation physique reste présente.

55 mm f/1.7 : La mise en valeur de la qualité du capteur moyen format

Les équipes de Fujifilm France nous ont mis à disposition plusieurs autres objectifs lors de notre prise en main, mais le 55 mm f/1.7 est resté fixé à l’appareil photo. Cela a été fait à des fins de test pour découvrir la nouveauté, bien entendu, mais surtout en raison de sa qualité d’image véritablement impressionnante. De plus, il mérite une mention spéciale pour sa capacité à créer un flou d’arrière-plan saisissant lors de la prise de vue rapprochée.

En effet, ne sous-estimez pas l’ouverture f/1.7, qui pourrait sembler modeste : grâce à la taille exceptionnelle du capteur, cette profondeur de champ paraît plus importante (comme si elle était de f/1.2) dans les images capturées. Cette caractéristique permet à l’objectif de créer des arrière-plans flous remarquables.

Sa couverture angulaire, plus large que celle des deux autres objectifs dédiés aux portraits, le GF110mm f/2 R LM WR et le GF80mm f/1.7 R WR, s’avère en réalité être un avantage. Tout d’abord, le 55 mm f/1.7 offre la possibilité de mettre en avant les sujets grâce à son ouverture généreuse. De plus, sa couverture angulaire équivalente à 44 mm en fait une focale standard beaucoup plus polyvalente que les téléobjectifs.

Des ajustements à apporter au logiciel interne

Il était nécessaire de peaufiner un logiciel interne. Comme il s’agissait d’un modèle de présérie, notre appareil de prise en main ne présentait pas encore le comportement d’un boîtier final et a montré plusieurs problèmes. Parmi les problèmes rencontrés, on peut noter des différences d’exposition entre ce qui est indiqué dans le viseur, ce qui est affiché sur l’écran LCD et l’image finale, des ralentissements dans les menus du viseur (mais pas sur l’écran !), ainsi que deux ou trois incidents qui ont provoqué le gel de l’appareil. Ces incidents ont contraint l’utilisateur à retirer la batterie pour redémarrer l’appareil, heureusement, le redémarrage s’est fait de manière presque instantanée.

Parmi les autres problèmes rencontrés, nous avons été totalement incapables d’enregistrer une vidéo, que ce soit en 8K, en 4K ou même en Full HD, même en utilisant une simple carte SDHC UHS-II dans un appareil aussi puissant. Où se trouvait le problème ? C’était un mystère complet : le message d’erreur traditionnel de Fujifilm ne montrait qu’un simple point d’exclamation, sans texte explicatif ni code d’erreur ! Vous l’aurez compris, les quelques dizaines (ou peut-être même centaines) d’appareils qui arriveront en France d’ici la fin du mois seront soumis à une mise à jour importante du firmware avant leur commercialisation.

Et qu’en est-il de la rafale ? Et comment se comporte la qualité de la vidéo en 8K ? Y a-t-il des problèmes de surchauffe ? Et quelles sont les améliorations en termes de montée en ISO ? Les spécifications de Fujifilm sont-elles respectées ? Bien que nous aimerions fournir une réponse immédiate à ces deux premières questions, nous avons dû nous abstenir pour des raisons techniques. En effet, nous n’avions à notre disposition que nos propres cartes SD personnelles, qui ne sont pas nécessairement à la pointe de la technologie. Le test devra nécessairement être réalisé avec une carte CF Express B, le seul des deux formats qui pourrait exploiter pleinement les performances de l’appareil. Nous préférons donc conserver ces aspects pour le test final.

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About the Author: PascalD

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